• C'est dans un roulement de tambour fracassant que le garde champêtre s'époumonait devant un auditoire quelque peu inquiet:  " avis à la population" avant de poursuivre "Madame la préfète des Basses Alpes , a le devoir de vous informer que le permis de construire demandé par la fédération départementale des chasseurs ,sous la pression collective, est accordé ".. la nouvelle fera ainsi le tour du village..

    C'était bien sûr la version médiévale  .. en ce qui concerne le feuilleton réel, il est plus discret .. en effet .. c'est sans bruit, timidement, certainement avec le désir de se faire oublier que le 9 février 2015 le dossier de permis est validé de fait, sans que l'administration ait pris une décision quelconque .

    Nous ne sommes pas étonnés outre mesure puisque il y a deux semaines déjà, les travaux avaient repris sur le site, en toute illégalité bien entendu, anticipant la "non décision" préfectorale: il y a du y avoir des fuites!!

    Nous avons donc pris  connaissance du dossier le 12 février et à son étude attentive il est clair que l'administration ne pouvait décemment pas l'accorder de manière motivé ,  la pression de la hiérarchie administrative et politique aidant il suffisait de faire l'autruche.

    Un joli dossier certes, la fédération ayant cassé la tirelire pour se payer les services d'un cabinet d'architectes, plein de photos   une page d'explication sur la nature du projet et le choix du site, quelques plans  .. Je ne vais pas vous ennuyer avec les détails mais voila ce que j'en ai retenu.

    Des contradictions : la fédération essaie depuis le début de minimiser le projet, il est écrit que le site ne fonctionnera que "quelques jours par an" , c'est très vague et laisse la porte ouverte à  toute les suppositions sauf que quelques lignes plus loin il est dit " le choix des bâtiments mobiles a été vu pour assurer une extension rapide du centre d'examen", nul doute que de tels investissements doivent être rentabilisés, le parking de vingt places est là pour le rappeler.

    De jolis plans avec toutefois des inexactitudes évidentes,  reste à savoir si elles sont volontaires ?

    Des photos éloquentes vu que les terrassements sont  terminés, celle de l'accès par exemple ou l'on voit une autoroute de quatre mètres de large et titré chemin existant...(oui mais depuis un an seulement) , et encore celle d'un terrassement énorme bordée de quelques chênes sous laquelle on peut lire "les arbres existant seront conservés"... (certes, mais  ceux qui ont subis les affres des bulldozers ?)

    On apprend (nous le savons depuis longtemps) aussi que la source qui transite par la ferme du propriétaire bailleur n'est pas potable !! et qu'elle est privée (mais ne lui appartient pas), et que le captage date du 18e siècle !! (la canalisation en tube polyéthylène l'atteste) , et forcement comme le raccordement au réseau communal n'est pas possible il faudra aller acheter "dans les commerces locaux" des bouteilles d'eau minérale..n'y a-t-'il pas là un gros problème ??

     Et puis saluons les efforts d'intégration des algeco jaunes !! mobiles donc pour pouvoir êtres couplés, triplés etc.. et qui sont désormais bardés de bois rustique ( peut être même ceux qui ont étés arrachés pour leur laisser la place).dans la foulée cinq cabanes en dur sont ajoutées au programme, étonnant qu'elles n'aient pas étés prévues au départ.. Que nous réserve l'avenir ??

     Enfin un plan détaillé du parcours d'examen, qui situe les postes de tirs (à balles réelles) à 80 m du chemin rural emprunté par promeneurs, cyclistes, randonneurs, cavaliers, chasseurs eux même  : c'est tout simplement inacceptable!

    Bon vous l'aurez compris , rien de réellement nouveau, un dossier des plus légers (ou ne figure toujours aucune étude d'impact acoustique), la fédération ne fait donc plus tout à fait ce qu'elle veut, mais avec ce qu'elle a... en l'occurrence un site pas vraiment adapté à l'usage prévu; il fallait certainement y réfléchir avant.. Tout le monde est du coup un peu embêté : les usagers, les riverains, les guêpiers, la faune, la DDT, nous depuis un an, vous certainement pour longtemps, peut être même la municipalité ..et eux , promoteur et dérogateur.

    Il nous reste donc à convaincre le juge que ce projet mal né à été pondu à la va vite, sans concertation ni réflexion, et qu'il serait souhaitable pour tous de le voir annuler. Ce à quoi l'association va s'employer.

     

     

     

     

     

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